dimanche 12 février 2012

Que peut-on attendre de la psychologie positive ?

La psychologie positive (PP), approche nouvelle et dynamisante que l'on qualifie de «science du bonheur» a tout pour séduire, dans notre pays souvent qualifié de «dépressif ». 



Autant dire que la psychologie positive (née officiellement aux États-Unis en 1998, quand le psychologue Martin E. P. Seligman, créateur du Positive Healing Center, était président de l'American Psychological Association) a désormais le vent en poupe dans la Vieille Europe. Car elle a tout pour plaire à nos esprits fatigués.

D'abord, sa légitimité scientifique: s'appuyant sur des études académiques sérieuses, la PP s'est attachée à vérifier avec rigueur les hypothèses souvent nées en pleines années 1970 dans le milieu du développement personnel et jusque là qualifiées de farfelues. Elle a ainsi pu prouver qu'en effet cultiver un esprit positif menait à plus de longévité.

Autre point fort: enfin la psychologie s'attachait à décrypter «ce qui va bien»! Finies les analyses fouillées de nos pathologies. Grâce à la PP, nous pouvons enfin comprendre ce qui nous satisfait dans la vie, ce que nous pouvons faire pour améliorer nos relations ou réussir professionnellement.
Autant dire qu'elle s'adresse à tous ceux qui vont «plutôt bien», mais souhaitent augmenter encore plus leur qualité de vie en comprenant surtout de quoi celle-ci est faite. Ils sont, bien évidemment, très nombreux. De plus, la psychologie positive s'intéresse aussi au bon fonctionnement des groupes et institutions, et cette dimension «citoyenne» va bien à notre époque revenue du tout «individuel».

Pas de plus sans les moins

La tentation chez certains adeptes de la PP de faire l'impasse sur les sentiments négatifs que chacun doit digérer avant d'atteindre la plénitude. Thomas d'Ansembourg, psychothérapeute et auteur de Être heureux, ce n'est pas nécessairement confortable (Éd. de L'Homme), le regrette: «“Se mettre en expansion”, “cultiver ses talents” comme nous y invite cette approche, c'est bien, mais ce n'est ni suffisant ni magique. Il faut d'abord aller décoincer ce qui fait mal car si nous ne nous occupons pas d'émotions telles que la colère, la peur, etc., ce sont elles qui s'occupent de nous!»

Une manière de rappeler que le progrès psychique s'atteint souvent à travers une double démarche que le psychothérapeute résume en une image biblique: «Savoir quitter l'enfer pour s'ouvrir au paradis». Pas de «plus», donc, si l'on ne s'est pas plié d'abord à l'exercice difficile qui consiste à se débarrasser des «moins».

Par Pascale Senk - le 20/01/2012

Aucun commentaire:

Publier un commentaire