mercredi 8 février 2012

Doisneau, photographe d'après-guerre

Préférant l’expression du sentiment au sensationnel, Robert Doisneau (1912-1994), photographe de l'après guerre a délibérément rejeté les images chocs et provocatrices, ce qui ne l’a pas empêché d’écrire avec finesse quelques-unes des grandes pages de l’histoire de ce genre photographique "made in France" qu’on appelle souvent la photographie de tendance humaniste.

Ses photographies noir et blanc des rues de Paris d’après guerre et de sa banlieue ont fait sa renommée…



Doisneau est un passant patient qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l’anecdote, la petite histoire. Ses photos sont souvent empreintes d’humour mais également de nostalgie, d’ironie et de tendresse.

Il travaillait sur Paris, ses faubourgs et ses habitants : artisans, bistrots, clochards, gamins des rues, amoureux, bateleurs, etc. Il enregistra pendant près d’un demi-siècle des milliers de portraits du petit peuple de Paris.


Photographe indépendant, il engage, dès 1939, une collaboration avec l’agence Rapho. Il fera de nombreux reportages à la demande de revues françaises et américaines tout en menant une pratique libre laissant la place à l’aléatoire.

Parmi ses premiers modèles apparaissent les enfants avec pour toile de fond la banlieue ou le Paris populaire. Il entretient avec eux des rapports de complicité et les surprend dans leurs jeux.

Paris est pour lui terriblement séduisante, de jour comme de nuit. Jacques Prévert, son ange gardien, l’entraîne dans des parcours insolites. L’écrivain atypique Robert Giraud l’introduit dans les bistrots des deux rives et dans le quartier des Halles où il déniche des modèles hauts en couleurs.

À la demande de la revue américaine Life, il réalise en 1950 une série sur les amoureux de Paris. Il met en scène deux figurants élèves du cours Simon pour Le Baiser de l’Hôtel de Ville. Succès retentissant et polémique qui rejaillit en 1988.


Les portraits de gens célèbres montrent comment il cherche à immortaliser la rencontre qu’il fait avec des hommes et des femmes hors du commun dont il admire le talent, l’esprit, la personnalité. 

On découvre des écrivains (Blaise Cendrars dans le Midi, Colette et Léautaud photographiés dans leur antre), des peintres et des sculpteurs dans des poses peu conventionnelles le plus souvent dans leurs ateliers (Fernand Léger, Gaston Chaissac, Niki de Saint-Phalle, Jean Tinguely). L’humour devient contagieux avec Le Vélo de Tati. Le comédien Jacques Tati qui se confond avec le facteur de Jour de Fête pose dans une situation qui en appelle à l’absurde.
De 1949 à 1951 pour Vogue il prend en photo les cercles mondains et couvre les défilés de mode des grandes maisons parisiennes. Pendant trois ans il assiste à des réceptions et à des bals somptueux et photographie des princesses dans des poses sophistiquées et convenues.







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