jeudi 18 octobre 2012

Décriptons un tableau : Le rêve de Marc Chagall

Quelques mots sur l’artiste 
 
Marc Chagall, peintre, graveur et décorateur russe (1887 - 1985) arrivé à Paris en 1909 et y restera jusqu’en 1914 puis de nouveau de 1923 à 1941, pour y demeurer après la guerre

Chagall est l'un des plus célèbres artistes installés en France au XXe siècle avec Pablo Picasso. Son œuvre, sans se rattacher à aucune école, présente des caractéristiques du surréalisme et du néo-primitivisme.  
Avec une verve inventive, il s’est inspiré par la tradition juive, la vie du shtetl (village juif en Europe de l'Est) et le folklore russe, elle élabore sa propre symbolique, autour de la vie intime de l'artiste. 

Chagall s'est essayé, outre la peinture sur toile, à la poésie, à la peinture sur vitrail, sur émail, etc.
 

Le Rêve de Marc Chagall est le seul tableau conservé au musée d'art moderne et provient de la donation Emmanuel Sarmiento en 1936. 
Cette oeuvre a été réalisée au moment où Ambroise Vollard lui commande des illustrations  pour un livre sur le cirque, qui ne verra pas le jour. 

Dans un paysage aride et schématique. Quatre arbres, une barrière, un ciel et la lune, - est représenté un « lapin-âne » – (souvent surnommé le « lapin ») –, merveilleux et disproportionné qui emporte une femme, seins nus, renversée sur son dos. 
Cette femme à la renverse, rêve en regardant le ciel.
Le ciel est en bas et le sol en haut du tableau. La femme ayant la tête à l'envers voit les choses à l'endroit finalement.


Cela rappelle le tableau Nightmare de Füssli, ou encore l’enlèvement d’Europe si souvent et donnant au tableau une connotation clairement sexuelle. Il pourrait en effet s'agir d'un rêve érotique, ou d'une déclaration d'amour. L'artiste éperdument amoureux ne se retrouve plus dans la réalité. 


« Toi, l'aimée, toi seule me met la tête à l'envers... Depuis toi mes nuits se peuplent d'images kaléidoscopées... au matin je pose mes rêves en couleur sur la toile et je n'y vois plus que toi. »

On peut aussi y voir une allusion au cirque où l’écuyère exécute une voltige. Le titre Le Rêve qui montre que l’attraction terrestre n’a pas cours, pouvait attirer un temps les surréalistes, et tous ceux qui participaient de leur théorie. 

Mais Chagall a continue de faire voler ses personnages, dans un bonheur radieux au dessus de la ville ou d’un paysage. 

La couleur contribue à l’évocation du rêve : l’âne est rouge-violet, le champ jaune, le ciel nocturne d’un bleu éblouissant. Ces couleurs vives et chatoyantes confèrent à donner ce caractère joyeux et onirique, caractéristique de l’œuvre de Chagall.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire