mercredi 18 décembre 2013

La montagne Sainte Victoire restera toujours associée à Cézanne

Une véritable histoire d'amour entre un peintre et son sujet : la Montagne Sainte-Victoire par Paul Cézanne.
 
Peintre aixois né en 1839, Paul Cézanne demeure aujourd'hui encore intimement lié à sa ville natale. Son atelier des Lauves reste un lieu émouvant à visiter, comme si le peintre allait revenir d'une seconde à l'autre d'une session de travail sur le motif. Autre lien éternel, la série de représentations de la Montagne Sainte-Victoire, véritable monument de la région, est représentée plus de 80 fois par Cézanne en huiles sur toile, aquarelles et dessins. Une marotte, une passion, un fil rouge dans le travail du peintre qui intervient dans la dernière partie de sa vie, entre 1882 et 1906 année de sa mort à Aix (encore). L'histoire veut que le peintre ait contracté une méchante pneumonie lors d'une séance de travail sur la montagne. C'est ce que l'on peut appeler 'mourir sur scène'.
Cézanne a une influence considérable sur l'art de la fin du XIXe et le XXème siècle. Maître reconnu de son temps par ses pairs, il fréquente lors de séjours parisiens entre 1862 et 1882, la bande Impressionniste : Camille Pissaro, Auguste Renoir (qui a également fini sa vie dans la luminosité provençale), Claude Monet, Alfred Sisley entre autres. Il participe à l'aventure Impressionniste tout en gardant sa personnalité : c'est l'époque du choc de la peinture sur le motif, des chevalets dans l'herbe, de la recherche de la lumière naturelle et de l'émotion.
 
Une façon de peindre et une obsession de la nature qui tiendra au cœur de Cézanne toute sa vie. L'influence du peintre aixois est reconnue dans l'Histoire de l'Art puisqu'il serait à l'origine du mouvement Cubiste incarné dès 1906 par Pablo Picasso ou encore Georges Braque. La première toile cubiste serait Les Demoiselles d'Avignon, choc montré par Picasso en 1907, un an après la mort de Cézanne, et aujourd'hui une des pièces maîtresses du MoMA à New York.
 
C'est la recherche autour des volumes qui aboutit à l'apparition d'une géométrie dans les paysages ou encore les natures mortes de Cézanne.

En 20 ans, Cézanne pousse son style pour exprimer l'émotion du paysage, suggérant le vent, impliquant un mouvement comme si on pouvait respirer l'air de la scène. La première exprime le gigantesque de cette montagne qui domine la région et est caractéristique de la façon de peindre de Cézanne dans les années 1880 avec une juxtaposition de coups de pinceaux linéaires et une gamme de couleurs douces et naturelles. La Sainte-Victoire vue des Lauves réalisée entre 1904 et 1906 montre des coups de pinceaux moins précis permettant à la forme de la montagne de surgir de la toile telle une apparition. C'est là toute l'intention du peintre, montrer la nature telle qu'elle est sans omettre de transmettre une émotion.
Une véritable histoire d'amour et de peinture.

mardi 10 décembre 2013

En immersion dans l'univers de Cézanne - visite de son atelier à Aix-en-Provence


C'est sur les hauteurs de sa ville natale, Aix-en-Provence, que le célèbre peintre français a établi son atelier. Plus d'un siècle plus tard, le lieu, devenu incontournable pour les touristes comme les locaux, a gardé toute l'empreinte de Cézanne.
Quand Paul Cézanne décide, en 1901, d'établir son atelier sur le chemin des Lauves surplombant Aix-en-Provence, c'est parce qu'il souhaite s'immerger au cœur d'une nature sauvage, celle-là même qui l'inspire pour ses peintures. C'est dans ce petit refuge, jadis perdu dans le maquis provençal, qu'il achèvera notamment l'un de ses plus grands chef d’œuvre, Les Grandes Baigneuses.


Décédé en 1906, Cézanne ne se sera servi de cet atelier, situé sur les hauteurs de sa ville natale, que durant 5 ans. Pourtant, plus d'un siècle après qu'il l'ai quitté, partout son empreinte subsiste. Dans cette table, cette commode, cet escabeau ou ce chevalet lui ayant appartenu, le peintre demeure toujours. Il suffit d'ailleurs de fermer les yeux pour l'imaginer ici ou là déplaçant les objets lui servant de modèles pour ses natures mortes : faïences, vases, fruits...
Aujourd'hui ouvert aux visiteurs, l'atelier de Paul Cézanne était resté inoccupé durant de nombreuses années avant que la ville d'Aix-en-Provence ne décide de l'acquérir en 1969. Ce lieu, à présent hautement touristique, est aussi apprécié des locaux. En l'honneur de l'artiste, la rue dans laquelle il se trouve a été baptisée : rue Paul Cézanne...

Paul Cézanne, visite de son atelier à Aix-en-Provence
L'atelier du peintre garde son empreinte
 
C’est après la mort de sa mère et après avoir vendu le Jas de Bouffan la maison familiale, que Cézanne fit construire en 1901 cette petite maison pour y venir peindre, lieu de recueillement et de travail.
On ressent ici avec intensité la présence du peintre, on l’imagine travailler. Grâce à tous les objets lui appartenant  restés tels quels et qui ont servit dans ses natures mortes, on entre véritablement dans son univers.

Il peignit de nombreuses natures mortes mais également son célèbre tableau « Les grandes baigneuses » dont il posa devant.
C’est ici qu’il s’enfermait lorsque le temps l’obligeait à s’écarter de la Ste Victoire, par temps de pluie ou de grand froid.
Cézanne partant ici à la Sainte Victoire avec son matériel
Une longue étagère sur le mur, une table, une commode, un escabeau pour prendre du recul sur ses tableaux, un haut chevalet, quelques chaises, les objets modèles de ses natures mortes, quelques faïences locales...
On retrouve ici la statuette blanche "l'amour" en plâtre, la cafetière, le pot à gingembre, la coupe de fruits blanche, la bouteille de rhum, quelques étoffes, les trois crânes,... qui ont servis dans ses tableaux.
Pommes et oranges
La table de cuisine ou nature morte au panier
On y retrouve ici son pot à gingembre bleu.
 La femme à la cafetière 
On retrouve sa cafetière posée sur l'étagère

 
 Jeune homme à la tête de mort

 L'amour en plâtre

Les 10 commandements paradoxaux

1. Les gens sont déraisonnables, illogiques et égocentriques.
Aimez-les quand même.
 
2. Si vous êtes désintéressé, les gens vous prêteront des motifs égoïstes et calculateurs.
Soyez désintéressé quand même.
 
3. Si vous réussissez, vous gagnerez de faux amis et de vrais ennemis.
Réussissez quand même.
 
4. Le bien que vous faites aujourd'hui sera oublié demain.
Faites le bien quand même.
 
5. L'honnêteté et la franchise vous rendent vulnérable.
Soyez honnête et franc quand même.
 
6. Ceux qui voient grand peuvent être anéantis par les esprits les plus mesquins.
Voyez grand quand même.
 
7. Les gens aiment les petites gens, mais préfèrent suivre les puissants.
Luttez pour les petites gens quand même.
 
8. Ce que vous avez mis des années à bâtir peut être détruit du jour au lendemain.
Bâtissez quand même.
 
9. Les gens ont besoin d'être secourus, mais certains se retourneront contre vous
si vous les aidez.
Aidez-les quand même.
 
10. Si vous donnez au monde le meilleur de vous-même,
vous risquez d'y laisser des plumes.
Donnez le meilleur quand même.

mercredi 4 décembre 2013

L'amour, une route

L'amour n'est pas tout fait. Il se fait.
Il n'est pas robe ou costume prêt-à-porter, mais il est pièce d'étoffe à tailler, à monter et à coudre.
 
Il n'est pas appartement, livré clefs en main, mais il est maison à concevoir, à bâtir, à entretenir, et souvent à réparer.
 
I1 n'est pas sommet vaincu, mais départ de la vallée, escalades passionnantes, chutes dangereuses, dans le froid de la nuit ou la chaleur du soleil éclatant.
Il n'est pas un solide ancrage au port du bonheur, mais levée d'ancre et voyage en pleine mer, dans la brise ou la tempête.
 
Il n'est pas un OUI triomphant, énorme point final qu'on écrit en musique, au milieu des sourires et des bravos, mais il est multitude de « oui » qui pointillent la vie, parmi une multitude de « non » qu'on efface en marchant.
 
Ainsi être FIDÈLE, vois-tu, ce n'est pas : ne pas s'égarer, ne pas se battre, ne pas tomber, c'est toujours se relever et toujours marcher. C’est vouloir poursuivre jusqu'au bout, le projet ensemble préparé et librement décidé.
 
C'est faire confiance à l'autre au-delà des ombres de la nuit. C'est se soutenir mutuellement au-delà des chutes et des blessures. C'est avoir foi en l'Amour tout-puissant, au-delà de l'amour.
 
Michel Quoist

mercredi 27 novembre 2013

Je t'aime avec fureur - Auguste Rodin à Camille Claudel

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Lettre d’Auguste Rodin à Camille Claudel (1886)
D’Auguste Rodin, né le 12 novembre 1840, qu’a retenu la postérité ? Son œuvre monumentale, la porte de l’Enfer, le Baiser, le Rodin balzacien ou son idylle tragique et sublime avec Camille Claudel. De cette relation passionnée et déchirante, qui conduira la jeune femme à la folie, l’asile et la mort, le maître exprime dans cette lettre la fureur et la violence d’un amour dévorant.
                                
Ma féroce amie,
 
Ma pauvre tête est bien malade, et je ne puis plus me lever le matin. Ce soir, j'ai parcouru (des heures) sans te trouver nos endroits. que la mort me serait douce ! et comme mon agonie est longue. Pourquoi ne m'as-tu pas attendu à l'atelier. où vas-tu ? à quel douleur, j'étais destiné. J'ai des moments d'amnésie où je souffre moins, mais aujourd'hui, l'implacable douleur reste. Camille ma bien aimée malgré tout, malgré la folie que je sens venir et qui sera votre œuvre, si cela continue. Pourquoi ne me crois-tu pas ? J'abandonne mon Salon la sculpture ; Si je pouvais aller n'importe où, un pays où j'oublierai, mais il n'y en a pas. Il y a des moments où franchement je crois que je t'oublierai. Mais en un seul instant, je sens ta terrible puissance. Aye pitié méchante. Je n'en puis plus, je ne puis plus passer un jour sans te voir. Sinon l'atroce folie. C'est fini, je ne travaille plus, divinité malfaisante, et pourtant je t'aime avec fureur.
Ma Camille sois assurée que je n'ai aucune femme en amitié, et toute mon âme t'appartient.
Je ne puis te convaincre et mes raisons sont impuissantes. Ma souffrance tu n'y crois pas, je pleure et tu en doute. Je ne ris plus depuis longtemps, je ne chante plus, tout m'est insipide et indifférent. Je suis déjà mort et je ne comprends plus le mal que je me suis donné pour des choses qui me sont si indifférentes maintenant. Laisse-moi te voir tous les jours, ce sera une bonne action et peut-être qu'il m'arrivera un peu mieux, car toi seule peut me sauver par ta générosité.
Ne laisse pas prendrai à la hideuse et lente maladie mon intelligence, l'amour ardent et si pur que j'ai pour toi enfin pitié ma chérie, et toi-même en sera récompensée.
Rodin
 
Je t'embrasse les mains mon amie, toi qui me donne des jouissances si élevées, si ardentes, près de toi, mon âme existe avec force et, dans sa fureur d'amour, ton respect est toujours au dessus. Le respect que j'ai pour ton caractère, pour toi ma Camille est une cause de ma violente passion. ne me traite pas impitoyablement je te demande si peu.
Ne me menace pas et laisse toi voir que ta main si douce marque ta bonté pour moi et que quelques fois laisse là, que je la baise dans mes transports.
Je ne regrette rien. Ni le dénouement qui me paraît funèbre, ma vie sera tombée dans un gouffre. Mais mon âme a eu sa floraison, tardive hélas. Il a fallu que je te connaisse et tout a pris une vie inconnue, ma terne existence a flambé dans un feu de joie. Merci car c'est à toi que je dois toute la part de ciel que j'ai eue dans ma vie.
Tes chères mains laisse les sur ma figure, que ma chair soit heureuse que mon cœur sente encore ton divin amour se répandre à nouveau. Dans quelle ivresse je vis quand je suis auprès de toi. Auprès de toi quand je pense que j'ai encore ce bonheur, et je me plains. et dans ma lâcheté, je crois que j'ai fini d'être malheureux que je suis au bout. Non tant qu'il y aura un peu d'espérance si peu une goutte il faut que j'en profite la nuit, plus tard, la nuit après.
Ta main Camille, pas celle qui se retire, pas de bonheur à le toucher si elle ne m'est le gage d'un peu de ta tendresse.
Ah! divine beauté, fleur qui parle, et qui aime, fleur intelligente, ma chérie. Ma très bonne, à deux genoux, devant ton beau corps que j'étreins.
R

Vivre c'est risquer


Rire, c'est risquer de paraître fou
Pleurer, c'est risquer de paraître fragile
Aller vers quelqu'un, c'est risquer de s'engager.
Exposer ses sentiments, c'est risquer d'exposer son moi profond
Présenter ses idées, ses rêves aux autres, c'est risquer de les perdre.
Aimer, c'est risquer de ne pas être aimé en retour.
Vivre, c'est risquer de mourir.
Espérer, c'est risquer de désespérer.
Essayer, c'est risquer d'échouer.

Mais, il faut prendre des risques,
car le plus grand danger dans la vie
c'est de ne rien risquer.
Celui qui ne risque rien ne fait rien,
n'a rien,
n'est rien.
Il peut éviter la souffrance mais il n'apprend rien
ne ressent rien
ne peut ni changer ni se développer,
ne peut ni aimer ni vivre.
Enchaîné par sa certitude,
Il devient esclave, il trahit sa liberté
Seuls ceux qui risquent d'aimer sont libres.

lundi 25 novembre 2013

Que des bêtes - Billet d'humour de Jean d'Ormesson

«Myope comme une taupe», «rusé comme un renard», «serrés comme des sardines»...
"Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.
 
La preuve: que vous soyez fier comme un coq, fort comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud lapin, vous êtes tous, un jour ou l'autre, devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche.
 
Vous arrivez à  votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là, ... pas un chat ! Vous faites le pied de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.
 
Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l'a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère ! C'est sûr, vous serez un crapaud mort d'amour. Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.
 
Vous êtes prêt à  gueuler comme un putois quand finalement la fine mouche arrive. Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n'y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion, est en fait aussi plate qu'une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat.
 
Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à  l'âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l'envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c'est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventer une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme un lièvre.
 
C'est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d'ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.
 
Et puis, ça aurait servi à  quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l'envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d'autres chats à fouetter."

Billet d'humour de Jean d'Ormesson