jeudi 8 août 2013

Aix en Provence, Aquae Sextius, ville d'eau

C'est bel et bien une centaine de fontaines que la ville d'Aix en Provence compte. Depuis ses origines, Aix en Provence baigne littéralement dans les eaux chaudes et froides, chères aux Romains, qui les ont si bien exploitées.
C'est ainsi que le général romain Caïus Sextius va profiter des sources d'eau chaude et d'eau froide, présentes sur le site, pour construire un ensemble thermal. C'est ainsi que naît la ville d'Aquae Sextiae ("Eaux de Sextius").
La Provence étant une région très sèche, l'eau y était plutôt une denrée rare, pas étonnant que les Thermes aient connu un si vif succès.
 
Fontaine d'Albertas
Durant la première moitié du 18e siècle, le marquis Albertas (famille des plus influentes d'Aix en Provence) habite sur cette place et n'apprécie guère la vue qu'il a depuis ses fenêtres. Il fait construire cette jolie fontaine inspirée des places royales parisiennes.
Fontaine intimiste dont la vasque a été reproduite et offerte en 1912 par les élèves de l'Ecole des Arts et Métiers d'Aix en Provence, suite à sa détérioration.

 

 

La fontaine de La Rotonde, la plus connue
Au départ la fontaine de la Rotonde se faisait familièrement appeler la "fontaine des Trois-Grâces" du fait des trois gracieuses statues de marbre qui couronnent le sommet.
Cette fontaine a été inaugurée en 1860. Elle mesure 12 mètres de haut et se compose de 3 bassins, le 1er de 32 m de diamètre, le 2e de 15m et le 3e la vasque en fonte de 8 m.
C'est le symbole de l'ouverture de la ville moderne en dehors de ses remparts.
Les 3 statues sont des allégories des 3 activités principales de la région.
- l'allégorie de la Chambre de Commerce et d'agriculture regarde et représente Marseille
- l'allégorie des arts regarde et représente Avignon
- l'allégorie du droit et de la justice est tourné vers le Vieil Aix en Provence et représente la ville. Alimentée à l'origine par l'eau du Verdon, l'eau est aujourd'hui recyclée et provient de la municipalité.
 
 
 
 La fontaine de la place Saint Honoré
 

Les Fontêtes
Le nom de la fontaine "fontête" signifie en provençal "petites fontaines" car au moyen-âge existaient ici des sources et les résurgences d'eau chaude.
Au 16e siècle, les sources sont remplacés par des puits et en 1853 les puits sont remplacés par une fontaine.

Les fontaines de l'office du tourisme, à l'entrée des allées provençales
 
Fontaine des neufs canons (présente sur le Cours Mirabeau)
C'était autrefois un abreuvoir pour les troupeaux venus d'Arles en transhumance, ce qui explique la présence d'une margelle aussi basse.
 

La fontaine moussue que l'on appelle également "la fontaine d'eau chaude"
En hiver, un halo de chaleur l'entoure et se dissipe dans l'air ambiant. L'eau coule à une température de 18°.
 

La fontaine du Roi René
Cette majestueuse statue du bon roi René veille de sa hauteur sur le prestigieux cours Mirabeau.
Conçue par le sculpteur David D'Angers, elle fut commencée en 1819 et inaugurée en 1923 en présence de la duchesse d'Angoulême. Le roi René tenant d'une main son sceptre et de l'autre le raisin muscat qu'il introduisit en Provence, porte la couronne des comtes de Provence. A ses pieds, une palette et des livres rappellent qu'il fut le protecteur des Arts, des Sciences et des Lettres.
 

La fontaine des Augustins
Edifiée en 1620, la fontaine de la place des Augustins fut transformée en lavoir public en 1786. Reconstruite en 1820, elle fut alors ornée d'une colonne en granit antique provenant du mausolée gallo-romain.
Au sommet de cette colonne se trouve une étoile en cuivre à douze pointes signée par le chaudronnier aixois Aigueparre. Elle est l'une des quatre fontaines publiques à être encore alimentées par des sources. Elle fut classé en 1949 aux Monuments Historiques.

La fontaine Pascal (cours Sextius)
Elle a été offerte à la ville d'Aix en Pce en 1922 par l'industriel pascal qui lui donne son nom.
On y voit les symboles de la Provence : 4 silhouettes de provençales en farandoles, deux têtes de Bacchus et un tambourinaire.
 

La fontaine des 4 dauphins
Située au coeur du quartier Mazarin, on lui donna d'abord le nom de St Michel en l'honneur du Cardinal.
Cette fontaine fut achevée en 1667 et  4 dauphins à gueules grimaçantes crachant de l'eau, soutiennent un petit obélisque dont le sommet fut orné successivement par une fleur de Lys, une croix de Malte et une pomme de pin.
 
 
La fontaine d'Argent
 
 
La fontaine des 3 ormeaux
 

jeudi 11 juillet 2013

L’atelier Cézanne dit aussi l’atelier des Lauves

 
C’est après la mort de sa mère et après avoir vendu le Jas de Bouffan la maison familiale, que Cézanne fit construire en 1901 cette petite maison pour y venir peindre, lieu de recueillement et de travail.


On ressent ici avec intensité la présence du peintre, on l’imagine travailler. Grâce à tous les objets lui appartenant  restés tels quels et qui ont servit dans ses natures mortes, on entre véritablement dans son univers.


Il peignit de nombreuses natures mortes mais également son célèbre tableau « Les grandes baigneuses » dont il posa devant.


C’est ici qu’il s’enfermait lorsque le temps l’obligeait à s’écarter de la Ste Victoire, par temps de pluie ou de grand froid.

Cézanne partant ici à la Sainte Victoire avec son matériel


Une longue étagère sur le mur, une table, une commode, un escabeau pour prendre du recul sur ses tableaux, un haut chevalet, quelques chaises, les objets modèles de ses natures mortes, quelques faïences locales...

On retrouve ici la statuette blanche "l'amour" en plâtre, la cafetière, le pot à gingembre, la coupe de fruits blanche, la bouteille de rhum, quelques étoffes, les trois crânes,... qui ont servis dans ses tableaux.


 Pommes et oranges
  La table de cuisine ou nature morte au panier
On y retrouve ici son pot à gingembre bleu.

 La femme à la cafetière 
On retrouve sa cafetière posée sur l'étagère


 Jeune homme à la tête de mort


 L'amour en plâtre

mardi 2 juillet 2013

L'atelier du midi, évènement phare MP 2013

Me voici désormais à Aix en Provence et la culture ne manque pas.
A l'occasion de la capitale européenne culturelle, je souhaitais vous partager mon coup de cœur pour cette double exposition, organisée comme un dytique à Aix et Marseille : 
LE GRAND ATELIER DU MIDI.

L’exposition s’annoncant l’évènement phare de la Capitale Européenne de la Culture Marseille Provence 2013, propose de revisiter la révolution de l’art moderne qui s’est jouée dans le midi entre 1880 et 1960.

Plus de deux cents œuvres venues du monde entier ont convergé vers le musée Granet à Aix en Provence et le musée des beaux-arts du palais Longchamp à Marseille.

Un grand atelier à ciel ouvert où les artistes ont découvert la force de la lumière du sud à travers le rivage méditerranéen, véritable Eden. 

L’attraction exercée par le sud est indéniable, les artistes viennent se ressourcer dans le midi et se confronter aux paysages, aux couleurs et à la lumière.

Van Gogh est l’un des premiers peintres à descendre vers le midi. C'est en 1888 qu'il arrive à Arles. Il a pour projet de réunir autour de lui d’autres artistes pour former un foyer de création. Il ne réalisera pas son utopie. Pourtant le midi ne va plus cesser de fasciner les artistes.  Ce terme « grand atelier du midi » inventé par Van Gogh. Quand il arrive à Arles, il veut réunir
Van Gogh ne jure que par la couleur, vecteur de l’émotion.
Selon les mots de Cézanne, « lorsque la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude »

Parmi les artistes exposés : Cézanne et Van Gogh, mais aussi Monet, Picasso, Matisse, Renoir, Dali, Bonnard, Braque, Signac, Soutine, Vallotton, Dufy, Camoin, Derain, Manguin, Gauguin, Man Ray, Modigliani.

Nombreux sont les artistes du XXe siècle qui se sont référés soit à Van Gogh à l’exaltation de la couleur, soit à Cézanne pour la recherche sur la forme comme réalisation de la quête d’une « harmonie parallèle à la nature ».

  
La montagne Saint Victoire - Cézanne
Paul Cézanne peint inlassablement la montagne Sainte Victoire à Aix-en-Provence. Une véritable histoire d'amour entre un peintre et son sujet.
Fasciné par la beauté de la montagne Sainte-Victoire, Cézanne ne cesse revenir sur ce motif toute sa vie : "Regardez cette sainte-Victoire. Quel élan, quel soif impérieuse de soleil, et quelle mélancolie, le soir, quand toute cette pesanteur retombe !" Cézanne

La méridienne - Vincent van Gogh
Van Gogh représente ici une scène de repos des paysans à l’ombre d’une meule de paille, à l’heure où le soleil est accablant. Un couple de moissonneurs interrompt son interminable journée par une sieste. Ils font « la méridienne ». Construit dans la lumière où domine le jaune et le bleu, teintes chers à van Gogh.

 
Le retour du pêcheur ou le pêcheur provençal - Henri Edmond Cross (1896)
Cross représente un pêcheur remontant avec un panier rempli, au soleil couchant. Les teintes sont violacées indiquant la fin de journée. Ce tableau est découpé en deux de manière égale avec d'un côté le rivage et de l'autre la colline. Le ciel jaune apporte cette lumière au tableau. 

Cap d'Antibes, coup de mistral  (1888) - Monet
En 1888, Monet passe trois mois et demi à Antibes. Il y réalise une série consacrée au massif de l'Estérel. La composition épurée de ses paysages est basée sur le contraste des couleurs vives du premier plan et des tons doux des montagnes lointaines.
 Bordighera - Monet
 Monet se concentre sur cette végétation luxuriante qui le fascine.
On respire l’atmosphère du midi et on perçoit bien cette lumière si caractéristique du sud

 Femmes au puits - Signac
En 1892, Signac décide de fuir Paris et de s'installer à Saint-Tropez au pied de la colline de la Citadelle. 
Sur ce tableau figurent deux femmes occupées à tirer l'eau d'un puits. Tous les éléments du paysage dans lequel il situe la scène existent bien à Saint-Tropez : la colline surmontée de la Citadelle, la mer et la jetée du port, les collines des Maures et les contreforts de l'Estérel, mais le peintre les synthétise à son gré, créant un nouveau paysage sur sa toile. Signac cherche à donner, grâce à l'usage de tonalités stridentes, voire acides, l'impression que c'est la peinture elle-même qui génère la lumière. 
Cette toile lumineuse représente le midi comme une allégorie de la société idéale et du bonheur de vivre.