lundi 25 août 2014

Le Tricheur à l'as de carreau - (1635) Georges de La Tour



Tricheur ! Comment ne pas crier au scandale en voyant cet homme tirer un as de carreau de sa ceinture ? Pourquoi personne ne semble réagir face au forfait aussi flagrant du coquin ?

En réalité, tout semble indiquer que nous sommes témoins d’une véritable association de malfaiteurs.
 
Il n’y a qu’à observer les échanges de regards entre les deux femmes, ou la reproduction des motifs rouges du col du tricheur sur la brassière de la servante. Ils sont complices !

Une attention particulière a d’ailleurs été portée par La Tour sur les mains des trois compères. Elles semblent aussi adroites pour tricher, que pour distribuer le jeu ou enivrer le jeune dupé.

A l’inverse, le jeune homme berné, isolé du reste du groupe, semble trop absorbé par ses cartes pour se rendre compte de la farce qui se joue contre lui.
 
L’œuvre est en réalité une réinterprétation de la parabole biblique du fils prodigue, ce jeune homme qui a dépensé sans compter toute la fortune de son père.

Notre jeune naïf semble en effet trop richement vêtu (il est déjà "plumé" par son couvre-chef) et les pistoles d’or qu’il exhibe en disent long sur sa volonté de "paraître".
 
Les trois personnages qui lui font face représentent ainsi les trois vices auxquels sa vie d’homme le confronte : le jeu, la luxure et le vin.

Le regard que jette le tricheur au spectateur nous invite ainsi à retenir cette leçon de morale.
 
Source : Artips

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